Mouvement des Focolari
Une clinique à Kinshasa

Une clinique à Kinshasa

Alcuni membri CL Lemba« Un jour, nous étions en train de fermer, lorsqu’une maman se présente à 16h30 avec son enfant d’environ huit mois, pour un prélèvement de sang. » Aline M. est infirmière et biologiste dans la clinique universitaire de Kinshasa. Au Congo/RDC, l’indice de natalité est très élevé, tout comme ceux de mortalité et de mortalité infantile. L’espérance de vie à la naissance et l’âge moyen de la population sont très bas. « Mes collègues avaient déjà fermé les cahiers de registre et voulaient partir. Mais les paroles de l’Évangile me trottaient dans la tête: aime ton prochain comme toi-même. ‘Je dois aussi accueillir cette maman’, pensais-je. J’ai fait le prélèvement au petit et, alors que je ferme, la maman me dit d’une voix appuyée: ‘Que Dieu vous bénisse, madame!’ C11Je réussis juste à convaincre une collègue de la banque du sang d’être encore disponible pour cette urgence, lorsqu’une autre situation grave se présente. C’était déjà 17h. Une maman en larmes, ne pouvant payer les soins médicaux, avec son enfant de quatre ans dans les bras, atteint d’anémie grave. Ma collègue, décidée, m’annonce que ce n’est plus possible d’accepter quelqu’un. ‘Autrement je perdrai mon travail’, s’exclame-t-elle. J’étais touchée par cette souffrance. J’atteste alors par écrit que je prends en charge le coût de la transfusion de sang pour ce petit. Ma collègue a ainsi accepté et immédiatement fait la transfusion au garçon, lui sauvant ainsi la vie. La maman de l’enfant me dit: ‘Dieu vous rendra l’argent. J’en suis sûre!’ De retour à la maison, je me suis demandé: ‘Comment se fait-il que, justement à la fermeture du service, je rencontre deux mamans avec leur enfant si souffrant?’ Je lis la Parole de Vie, une phrase de l’Évangile, et j’y trouve du réconfort. C04La semaine suivante, je reçois une invitation de mon service de santé. J’ai été choisie parmi tous mes collègues pour suivre une formation professionnelle de trois jours. L’aide financière reçue pour la participation est de 150 dollars américains! Voici la réponse de Dieu. Pour avoir payé 25 dollars la transfusion de sang, j’ai reçu deux bénédictions et cette somme qui me permet maintenant de payer aussi les frais de scolarité pour mes enfants. » A.M. – Kinshasa, Congo/RDC

Gen Verde en Hongrie, du côté de l’autre

Gen Verde en Hongrie, du côté de l’autre

20150928GenVerdeSzeged1« Start Now! » C’est-à-dire, commence ici et maintenant. À faire quoi? Construire des relations authentiques et générer de la confiance. Une invitation qui « vaut son pesant d’or » dirait-on, celle que le Gen Verde a choisie comme titre du concert-workshop, présenté sur la scène du Tágas Tér Festival, le 25 septembre dernier à Szeged (Hongrie). Les protagonistes, dans huit workshops avec les artistes, étaient 120 jeunes de deux écoles supérieures, dont ceux d’un institut professionnel fréquenté par des étudiants venant d’un milieu familial difficile. « Tágas Tér, qui signifie littéralement ‘espace ouvert’ – explique un des organisateurs – est de fait un grand rendez-vous œcuménique qui montre le réseau des centaines d’activités dans le monde pour la solidarité citoyenne. Szeged est à 15km de la frontière avec la Serbie et, par conséquent, beaucoup de personnes qui étaient présentes au spectacle assistent quotidiennement au passage des milliers de migrants, avec la mer de questions et douleurs qui va avec. 20150928GenVerdeSzeged2« On the Other Side »: de l’autre côté – Durant le concert, beaucoup de titres de « On the Other Side« , le dernier album du Gen Verde, sorti moins d’un mois auparavant. Mais qu’est-ce que « l’autre côté »?, beaucoup se le sont spontanément demandé. « C’est la personne devant moi, qui pense différemment de moi; c’est la personne pour laquelle je n’ai pas d’estime, ou que je n’apprécie pas », explique Adriana García, bassiste mexicaine du groupe. Un spectacle puissant, palpitant et en même temps capable de remettre en question des positions, opinions et styles de vie, comme quelqu’un l’a déclaré. Parce que ce qui émerge de la musique et des textes, c’est la certitude que la route vers la solution à un monde cassé et séparé par des murs, passe par la compréhension de la richesse inhérente à la diversité. Parmi les onze titres de l’album, il y a l’histoire du difficile chemin d’un peuple entier dans le morceau « Voz de la Verdad » (Voix de la vérité) sur l’Évêque salvadorien Oscar Romero, ou la chanson sur la division des deux Corée, très actuelle et réalisée sur des mélodies K-pop, presque un aveu que parmi les jeunes coréens la blessure n’est pas encore guérie. « Ce sont des histoires qui ne nous permettent pas de tomber dans l’indifférence – commente une jeune – ou d’oublier nos frères dont nous sommes séparés par une frontière. Nous avons senti un fort appel, celui de donner même notre vie dans la lutte pour la justice ». « Inutile de dire que, peut-être aussi en raison de ce que nous vivons dans notre pays avec la question de l’immigration, le moment le plus fort du concert a été la chanson ‘Chi piange per te’ (Qui pleure pour toi) – une douce berceuse dédiée à une fillette disparue dans les eaux du Canal de Sicile – a confié une amie qui travaille dans les médias. Le pasteur réformé Gábor Czagány, un des organisateurs du Festival: « Ce qui m’a le plus touché, c’était le visage des jeunes des écoles qui ont participé aux workshops: joie, participation, engagement. On pressentait la portée de l’expérience réalisée: sept jours qui ont laissé des traces. Maintenant, c’est à nous de faire en sorte que tout ne soit pas perdu ». 20150928GenVerdeSzeged3Des jeunes offrent une espérance d’unité – Alessandra Pasquali, actrice et chanteuse du Gen Verde, tient à préciser: « Notre travail n’est pas de monter sur une scène, chanter, nous produire et repartir. Nous ne pouvons pas faire abstraction de la construction de rapports authentiques avec les personnes, de ‘sentir’ ce que vivent les personnes qui viennent assister à nos concerts, dans quelles eaux naviguent les jeunes avec lesquels nous faisons les workshops ». C’est pour cette raison que les vidéos-interviews aux jeunes participants aux laboratoires, projetées avant le début du concert à Szeged, faisaient partie intégrante du spectacle, parce qu’ils l’avaient construit. Voici quelques réactions des jeunes: « Le projet ‘Start Now!’ m’a ouvert les yeux: il m’a appris à ne pas juger les étrangers. Et cela demande du travail: il faut de la persévérance et de la confiance ». « J’ai appris à faire attention aux autres. » « J’ai compris l’importance de maintenir l’unité d’une communauté et que l’humanité pour être famille a besoin de la collaboration de chacun. » « Je suis très contente que mon école ait participé au projet ‘Start Now!’ avec l’autre école. Au début, nous ne nous connaissions pas. Ça nous a pris du temps, mais, ensuite, nous avons gagné la confiance réciproque et, maintenant, je peux dire que nous bougeons comme une seule personne, nous sommes extrêmement contents. »

Italie: de LoppianoLab2015 on repart à partir de la participation

Italie: de LoppianoLab2015 on repart à partir de la participation

LoppianoLabPartecipantiLa participation comme méthode, la capacité de dialoguer tout en respectant non seulement les idées et les convictions différentes, mais aussi les souffrances de l’autre ; une biodiversité qui valorise les richesses mutuelles, le fait de ne pas se contenter de la  »justice du ‘déjà là’, mais de chercher celle du ‘pas encore là’  », transformer l’indignation en action collective pour changer le monde. Ce sont les valeurs qui nourrissent les dizaines d’actions et projets, expressions de la vitalité de la société civile italienne aujourd’hui. La sixième édition de LoppianoLab s’est conclue avec une pluralité de voix, actions, et stimuli qui partent  »du bas », en Italie et non seulement. Plus de 2000 personnes présentes qui ont donné de la qualité à la confrontation et au dialogue entre entrepreneurs, politiciens, professeurs, citoyens, jeunes, communicateurs et administrateurs locaux : somme toute, la société civile dans sa multiplicité d’expressions.

Mons. Nunzio Galantino, Segretario Conferenza Episcopale Italiana

Mgr. Nunzio Galantino, Secrétaire de la Conférence épiscopale italienne

 »Nous ne devons pas nous rendre face à la crise actuelle. Nous sommes là pour trouver des solutions lumineuses ». Mons. Nunzio Galantino, secrétaire de la CEI (conférence épiscopale italienne) part de la pensée anthropologique d’Antonio Rosmini, grand penseur, dans son intervention au rendez-vous culturel de LoppianoLab organisé par l‘Institut Universitaire Sophia (IUS) et de Città Nuova, le soir du 25 septembre sur  »Une idée de personne, une idée de société, une idée d’économie. L’humanisme d’Antonio Rosmini ».  »Se fermer à l’autre et nier la relation ,signifie nier soi-même – continue le secrétaire CEI, faisant écho aux paroles prononcées par le pape François aux États-Unis ces derniers jours – il faut récupérer les input culturels forts qui aident l’humanité à affronter la crise culturelle encore avant celle humanitaire que le monde est en train de vivre ». Il ajoute ensuite que c’est l’époque actuelle avec ses murs, ses contradictions et ses nombreuses questions existentielles sur le sens et le destin de l’homme qui demande une vision unitaire et complète de la personne non gouvernée seulement par les sciences, mais également faite d’esprit, de relations et de proximité. Les pistes de LoppianoLab 2015 Citoyenneté active – Reprenant les paroles de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, Lucia Fronza Crepaz, coordinatrice des projets École de Préparation Sociale, Trente, dans le congrès central du 26 septembre  »Au-delà de la peur », a motivé le devoir social de celui qui fait de la politique : »Nous ne voulons pas faire une action ‘pour les pauvres’ mais bien avec les pauvres parce qu’ils sont les sujets et la mesure de la société que nous voulons construire et elle a indiqué la ville comme étant le ‘gymnase’ de la fraternité universelle. Carlo Petrini, fondateur et président de Slow Food et Terra Madre lui a fait écho, confirmant que la citoyenneté active est le lieu qui peut générer de nouveaux agriculteurs, de nouvelles entreprises, de consommateurs conscients. La consonance profonde avec l’encyclique Laudato si’ du pape François pour laquelle il a écrit la préface dans une des éditions sortie en librairie.  »Une opportunité – a-t-il déclaré – inattendue. Tout pouvait m’arriver dans la vie, mais je n’aurais jamais cru qu’à 67 ans, un pape m’aurait téléphoné, moi qui suis agnostique. Il s’agit là de nouvel humanisme. Nous en avions besoin. Il n’existe aujourd’hui au monde aucun leader politique aussi incisif, visionnaire, concret que ce pape ». Le sociologue Mauro Magatti ajoute : »Si nous ne récupérons pas la dimension de la rationalité comme trait distinctif de notre condition, l’humanité est destinée à succomber. Il faut revenir à ‘produire de la valeur’ ensemble, avec d’autres.
Luigi Bobba, sottosegretario Ministero del Lavoro - Luigino Bruni, economista

Luigi Bobba, sous-secrétaire du ministère du Travail – Luigino Bruni, économiste

Engagement civil – Luigi Bobba – sous-secrétaire au ministère du Travail et des Politiques sociales, a défini l’époque actuelle, un vent de nouveauté dont il faut exploiter l’énergie pour donner vie à des institutions capables de donner forme au changement. Il va pleinement dans le même sens que l’économiste Luigi Bruni lorsqu’il affirme que les minorités peuvent changer le monde et sont capables de transformer l’indignation en action politique et économique collective. Culture du dialogue –  »Il est nécessaire de dépasser la perspective eurocentriste, lorsqu’on parle de migrations : elles ne sont pas seulement un fait humanitaire, mais une question de politique internationale ». Ainsi, Pasquale Ferrara, diplomate et secrétaire général de l’Institut Universitaire Européen de Florence. Les migrants sont le témoignage tragique des mutations historiques. Avec eux marche l’histoire et tous les nœuds irrésolus de la politique internationale se rendent manifestes. Tous les hommes sont destinataires de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Celle-ci crée une seconde nationalité pour cela, personne ne peut être considéré clandestin et personne, illégal ». C’est Vincenzo Morgante, directeur du TGR (Journal télévisé) RAI qui fait parler le monde de la communication, observateur privilégié de la  »capacité » de dialogue dans les communautés italiennes.  »A travers le travail des journaux régionaux, je me rends compte que la culture du dialogue est bien présente, mais elle n’est pas suffisamment développée. C’est plutôt celle du heurt, de l’affrontement qui prévaut. Il faudrait parler un peu moins des phénomènes et un peu plus des histoires, des personnes qui sont dedans ».
Vincenzo Morgante, direttore TGR Rai - Michele Zanzucchi, direttore Città Nuova

Vincenzo Morgante, Directeur du TGR (Journal télévisé) RAI – Michele Zanzucchi, Directeur Città Nuova

L’édition 2015 de LoppianoLab se conclut aussi avec une ample participation du Social, mais les projets et l’engagement concret et quotidien de milliers de citoyens continue sur le terrain. On travaille à reconstruire un tissu social souvent lacéré, au travers de processus de réconciliation et de reconstruction de communautés qui ne soient pas uniquement l’assemblage d’une multiplicité d’intérêts, mais capables d’une prise de conscience personnelle et collective. Source : Communiqué de presse ‘Servizio Informazione Focolari Loppiano’

Les puissantes semences de la générosité

Les puissantes semences de la générosité

20150928-01« La vraie générosité est un échange aux conséquences imprévisibles. Elle représente un risque car elle mêle nos besoins et nos désirs aux besoins et aux désirs des autres. » Adam Phillips et Barbara Taylor, On Kindness (Éloge de la gentillesse) « Les entreprises et toutes les organisations continuent d’être des lieux de vie bonne et entière tant qu’elles laissent s’y épanouir des vertus non économiques parallèlement aux vertus économico-entrepreneuriales. Une coexistence décisive mais tout sauf simple, car elle demande aux dirigeants de renoncer à exercer un contrôle total sur le comportement des personnes, d’accepter que leurs actes comportent une part d’imprévu et d’être prêts à relativiser y compris l’efficience, qui est en passe de devenir le dogme absolu dans la nouvelle religion de notre époque. La générosité est l’une de ces vertus non économiques et cependant essentielles à toute entreprise et institution. À la racine de la générosité, il y a le mot latin genus, generis, un terme qui renvoie à la lignée, la famille, la naissance, et c’est le sens premier du mot genre. Cette étymologie ancienne, aujourd’hui perdue, nous donne des informations importantes sur la générosité. Elle nous rappelle avant tout que notre générosité a beaucoup à voir avec la transmission de la vie : avec notre famille, avec les gens qui nous entourent, avec l’environnement dans lequel nous grandissons et apprenons à vivre. Nous recevons la générosité en héritage lors de notre venue au monde ; c’est un don de nos parents et des autres membres de notre famille. La générosité s’apprend au sein du foyer familial. Celle que nous retrouvons en nous dépend beaucoup de la générosité de nos parents, de l’amour qu’ils avaient l’un pour l’autre avant notre naissance, des choix de vie qu’ils ont fait et de ceux qu’ils font au moment où nous commençons à les observer. Elle dépend également de leur fidélité, de leur hospitalité, de leur attitude envers les pauvres, de leur disponibilité à « gaspiller » du temps pour écouter et aider leurs amis, de leur amour et de leur reconnaissance envers leurs propres parents. Cette générosité primaire n’est pas une vertu individuelle, mais un don faisant partie de la dotation morale et spirituelle de ce que l’on appelle le caractère. C’est un capital que nous possédons déjà lors de notre venue sur terre, qui s’est formé avant notre naissance et que nous alimentons grâce aux qualités de nos relations durant les toutes premières années de notre vie. Il dépend également de la générosité de nos grands-parents et arrière-grands-parents, de nos voisins et de celle de nombreuses autres personnes qui, même si elles n’entrent pas dans notre ADN, contribuent, de façon mystérieuse mais bien réelle, à notre générosité (et à notre absence de générosité). Elle est influencée par les poètes qui ont nourri le cœur de notre famille, par les prières de ceux que nous aimons, par les musiciens que nous apprécions et écoutons, par les chanteurs ambulants dans les fêtes de village, par les discours et les actions des politiques et par les homélies des prédicateurs ; par les martyrs de tous les mouvements de résistance, par ceux qui ont donné leur vie hier pour notre liberté d’aujourd’hui. Elle procède de la générosité infinie des femmes des siècles passés (il existe une grande affinité entre la femme et la générosité) qui, bien souvent, ont fait passer l’épanouissement de la famille qu’elles ont fondée avant celui de la leur – et les femmes continuent aujourd’hui à le faire. La générosité engendre la reconnaissance envers ceux qui, par leur générosité, nous ont rendus généreux. Vivre avec des personnes généreuses nous rend plus généreux, et l’on observe la même chose avec la prière, la musique, la beauté… Cultiver la générosité produit bien plus d’effets que nous ne parvenons à en voir et à en mesurer, et il en va de même lorsque nous-mêmes et les autres manquons de générosité. La réserve de générosité d’une famille, d’une communauté ou d’un peuple est en quelque sorte la somme de la générosité de chacun. Chaque génération augmente la valeur de cette réserve ou la réduit, comme c’est actuellement le cas en Europe, où notre génération, qui n’a plus ni idéaux ni grandes passions, est en train de dilapider le patrimoine de générosité dont elle a hérité. Un pays qui laisse la moitié de ses jeunes au chômage n’est pas un pays généreux ». (lire tout) Par Luigino Bruni  Publié dans le journal italien Avvenire le 23/08/2015

« Welcome to New York, Holy Father »

« Welcome to New York, Holy Father »

20150926-03Déjà le jeudi apparaissent des banderoles : « Welcome, Holy Father » partout. Le chauffeur de taxi regarde le pape à la télé et ne reste pas indifférent : « Vous irez demain voir le pape ? Félicitations ! » “Le pape attire parce qu’il est authentique”, dit un homme dans le train, non catholique. Il a raison : François n’a pas besoin d’attirer l’attention ou de gagner la sympathie des gens. Il a ainsi donné une leçon à l’Assemblée Générale des Nations Unies : en commençant par le développement durable pour aborder ensuite le changement climatique et enfin la question des  réfugiés : « Nous ne pouvons pas nous effrayer à cause des chiffres… nous devons regarder les choses en face et écouter leur histoire », a-t-il dit à Washington. Et à l’ONU : « tout homme doit avoir un accès effectif aux biens matériels et spirituels indispensables : un logement personnel, un travail digne et correctement rémunéré, une alimentation adéquate, l’eau potable et la liberté religieuse ». Il critique de nouveau et vivement les narcotrafiquants, les abus sexuels des personnes et le trafic des armes, comme il l’avait déjà clairement exprimé au Congrès des USA : mettre de côté les divisions et les luttes entre les partis et aider les pauvres. La sacralité de tout être humain lui tient à cœur, et à la fin de son long discours, les ovations n’en finissent plus. Le pape va saluer les gens depuis sa voiture Fiat qui parait toute petite au milieu des grandes limousines. 20150926-aAu Ground Zero 500 représentants de diverses religions l’attendaient pour prier tous ensemble pour la paix. « C’était tellement significatif en raison de la diversité de cette nation » a affirmé Sue Kopp, une focolarine de New York, qui a pu participer à la cérémonie. « Il m’a semblé que ce lieu sacré, marqué par une si grande souffrance, s’était transformé en lieu d’espérance, où le rêve d’une civilisation de l’amour devenait réalité ». « Le pape – ajoute Joe Klock, de Humanité Nouvelle (ONG internationale accréditée auprès de l’ONU) – a souligné l’importance de construire l’unité dans la diversité, où la paix et l’amour vrai règnent parmi les nations et les cœurs de tous. Cela nous montre la nécessité de la spiritualité de l’unité qui est vraiment faite pour notre pays ! ». 20150926-02Même à New York, le pape a rendu visite à quelques œuvres caritatives, parmi lesquelles une école modèle de Harlem. Puis, à Central Park, 80.000 chanceux ont réussi à obtenir des billets, après avoir attendu des heures, uniquement pour pouvoir le voir. La messe a été célébrée au Madisson Square Garden, là où normalement les places sont occupées par les stars du basket ball et les chanteurs. Les personnes ont attendu des heures pour pouvoir entrer dans la salle, mais personne ne s’est plaint. Puis la surprise : le pape François est arrivé 20 minutes en avance ! L’autel, la chaise et l’ambon ont été réalisés par de simples artisans. Le cardinal Timothy Dolan a pensé que le pape aurait mieux apprécié ces objets que des pièces précieuses faites par un designer. Et là François est devenu le pasteur de cette énorme ville, qui faisait référence à la lecture d’Isaïe 9,1 : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ». Il parle des difficultés des villes multiculturelles où l’on ne voit pas la lumière au milieu de beaucoup de brouillard, « Mais Jésus qui chemine aujourd’hui sur nos routes » continue et invite tout le monde à aller vers les autres, avec un cœur de « père miséricordieux qui attend ses fils et ses filles retourner à la maison ». L’église est vivante dans la ville, s’est exclamé le pape, et ainsi les chrétiens doivent être des témoins de la lumière de la Bonne Nouvelle. Les applaudissements n’en finissaient plus. Comme dans tous les pays, même aux Etats Unis, le pape a touché le cœur de chacun.